Combien coûte un site web pour un indépendant en Belgique ?
« Ça dépend » n’est pas une réponse. Voici des vrais prix, HTVA et TVAC, ce qui les fait monter ou descendre, et les frais qu’on oublie souvent de vous annoncer.

« Combien coûte un site ? » Dans le métier, la réponse habituelle est « ça dépend ». C’est vrai, mais ça n’aide personne à faire un budget.
Alors voici des ordres de grandeur pour la Belgique, ce qui fait varier le prix, et les frais qu’on oublie souvent d’annoncer, pour que vous puissiez comparer des devis sans vous faire avoir.
D’où viennent ces chiffres
Il n’existe pas de tarif officiel, ni d’étude indépendante sur le prix des sites en Belgique. Ni les fédérations d’indépendants, ni les organismes publics ne publient de chiffres. Les seuls repères disponibles viennent des prestataires eux-mêmes : plusieurs agences et freelances belges, de régions différentes, ont publié leur guide de prix en 2026.
Leurs fourchettes ne sont pas identiques, mais elles se recoupent. Ce sont celles-là que je reprends ci-dessous. Gardez en tête qu’elles viennent de gens qui vendent des sites. Les montants sont hors TVA, comme les annoncent la plupart des prestataires, avec le prix TVAC (21 %) entre parenthèses.
Les différents types de sites et leur prix
Avant de parler argent, il faut savoir de quoi on parle. « Un site », ça peut vouloir dire des choses très différentes.
La landing page : une page, un objectif
Une seule page, faite pour une action précise : réserver, s’inscrire, demander un devis. On l’utilise pour une ouverture, une promo, un événement ou une campagne de pub.
Chez un freelance, comptez en général entre 400 et 1 500 € HTVA (484 à 1 815 € TVAC). En agence, c’est plus cher, souvent au-delà de 1 500 € HTVA (1 815 € TVAC).
Le site vitrine : le site « classique »
Quelques pages pour présenter votre activité : accueil, services, qui vous êtes, réalisations, contact. C’est ce dont ont besoin la plupart des indépendants et des commerces.
Chez un freelance, la plupart des guides le situent entre 1 000 et 3 000 € HTVA (1 210 à 3 630 € TVAC) pour trois à cinq pages. En agence, entre 2 000 et 8 000 € HTVA (2 420 à 9 680 € TVAC), selon le design et les fonctions. Plus le prix est bas, plus il faut demander ce qui est vraiment fait pour vous et ce qui vient d’un modèle acheté.
La boutique en ligne
Un catalogue, un panier, le paiement par Bancontact et carte, la livraison ou le retrait en magasin, les e-mails de commande.
C’est là que les écarts sont les plus grands : de 2 500 € HTVA (3 025 € TVAC) pour une petite boutique simple à plus de 10 000 € HTVA (12 100 € TVAC) pour un catalogue important, des stocks synchronisés ou une connexion à votre comptabilité. Le nombre de produits et les options de livraison font toute la différence.
La refonte
Vous avez déjà un site, mais il est lent, daté ou introuvable. On le refait en gardant ce qui fonctionne.
Comptez en général entre 1 000 et 5 000 € HTVA (1 210 à 6 050 € TVAC) chez un freelance, et à partir de 5 000 € HTVA (6 050 € TVAC) en agence, selon l’état du site de départ.
Freelance, agence ou faire soi-même ?
| Solution | Prix d’un site vitrine | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|
| Faire soi-même (Wix, Squarespace…) | Un abonnement mensuel | Vous payez en temps, et le site vit chez la plateforme |
| Freelance « petit prix » | Le bas des fourchettes ci-dessus | Vérifiez ce qui est fait sur mesure et quel suivi est prévu |
| Freelance confirmé | Environ 1 000 à 3 000 € HTVA (1 210 à 3 630 € TVAC) | Un interlocuteur unique, du sur mesure possible |
| Agence | Environ 2 000 à 8 000 € HTVA (2 420 à 9 680 € TVAC) | Une équipe, des process, des frais de structure |
Chacune de ces options a sa place, selon votre budget et votre besoin. Si vous démarrez avec un budget serré, faire soi-même peut être un bon début. J’en parle d’ailleurs dans cet article sur les sites faits par IA.
Ce qui fait varier le prix
Deux sites vitrines peuvent avoir des prix très différents. Voici pourquoi.
Le nombre de pages
Plus il y a de pages, plus il y a de travail. Mais toutes les pages ne se valent pas. Une page contact, c’est rapide. Une page de réalisations avec un filtre par catégorie, beaucoup moins.
Le contenu : qui écrit, qui photographie ?
C’est le point que tout le monde sous-estime. Si vous arrivez avec vos textes et vos photos, le projet avance vite. Si tout est à créer, ça prend plus de temps, et la facture suit.
Demandez à votre prestataire comment il récupère vos textes. Un questionnaire page par page, par exemple, vous fait répondre avec vos mots et débloque souvent plus de temps (et d’argent) que n’importe quelle autre astuce.
Les fonctions particulières
Prise de rendez-vous en ligne, espace membre, paiement, plusieurs langues, connexion à votre logiciel de facturation… Chaque fonction ajoute du travail. Un bon devis les liste une par une.
Le design sur mesure ou un modèle
Un modèle acheté et recoloré, c’est moins cher au départ. Mais votre site ressemblera à des centaines d’autres, et il embarque souvent beaucoup de code inutile qui le ralentit. Un design pensé pour votre activité coûte un peu plus, et ça se voit.
Les coûts qu’on découvre après coup
Le prix du site, c’est une chose. Mais un site, ça vit. Voici ce qui vient après.
L’hébergement
Votre site doit être hébergé quelque part et protégé par un certificat HTTPS (le petit cadenas). Pour un site vitrine, les guides donnent entre 5 et 30 € HTVA par mois (6,05 à 36,30 € TVAC) pour l’hébergement seul, souvent autour de 100 à 150 € HTVA par an (121 à 181,50 € TVAC).
La maintenance
Mises à jour, sauvegardes, sécurité, petites corrections : beaucoup de prestataires proposent un forfait, en général entre 30 et 150 € HTVA par mois (36,30 à 181,50 € TVAC) selon ce qui est compris. Demandez la liste exacte. Pour une boutique, prévoyez un suivi plus serré, par exemple une commande de test régulière pour vérifier que le paiement fonctionne encore.
Le nom de domaine
C’est l’adresse de votre site, du type votrenom.be. DNS Belgium, qui gère les .be, ne vend pas directement : on passe par un revendeur (un « registrar »). Comptez une dizaine d’euros par an hors TVA (environ 12 € TVAC), et méfiez-vous des promotions sur la première année. C’est le prix du renouvellement qui compte.
Vérifiez surtout à quel nom il est enregistré : il doit être au vôtre, pas à celui de votre prestataire. Sinon, le jour où vous voulez partir, ça peut devenir compliqué.
Les modifications
Changer vos horaires ou une photo, vous pouvez normalement le faire vous-même. Pour le reste, la plupart des prestataires facturent à l’heure : en général entre 30 et 80 € HTVA de l’heure chez un freelance (36,30 à 96,80 € TVAC), entre 50 et 150 € HTVA en agence (60,50 à 181,50 € TVAC). Demandez que le prix vous soit annoncé avant chaque intervention.
Les commissions de paiement
Pour une boutique, chaque paiement en ligne coûte une commission au service de paiement. À titre d’exemple, Stripe affiche pour la Belgique 0,35 € par paiement Bancontact, et 1,5 % + 0,25 € par paiement par carte européenne standard (tarifs affichés en octobre 2026). Ça ne paraît pas grand-chose, mais sur un panier de 20 €, une commission de 0,55 € représente presque 3 %. Il faut l’intégrer à vos marges.
À retenir : un site vitrine à 1 500 € HTVA (1 815 € TVAC) avec 180 € HTVA (217,80 € TVAC) d’hébergement et d’entretien par an revient sur trois ans à environ 2 040 € HTVA (2 468,40 € TVAC), soit moins de 57 € HTVA par mois (moins de 69 € TVAC). À comparer avec ce qu’un seul nouveau client vous rapporte.
Les questions à poser avant de signer un devis
Quel que soit le prestataire, posez ces questions. Les réponses vous diront beaucoup sur son sérieux.
- Le prix est-il fixe, ou est-ce une estimation qui peut grimper en cours de route ?
- Le prix est-il annoncé hors TVA ou TVA comprise ?
- À qui appartiendront le site et le nom de domaine ? La seule bonne réponse : à vous.
- Qu’est-ce qui est compris, et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Textes, photos, nombre de pages, nombre de corrections.
- Combien coûte le site une fois en ligne ? Hébergement, maintenance, modifications.
- Pourrai-je modifier mon site moi-même ?
- Que se passe-t-il s’il y a un bug après la mise en ligne ? Une période pendant laquelle les bugs sont corrigés gratuitement est bon signe.
Existe-t-il des aides pour financer son site ?
En Wallonie, la Région finance des chèques-entreprises, qui peuvent couvrir une grande partie de la facture, à condition de passer par un prestataire labellisé. Le chèque consacré au numérique (« maturité numérique ») est toutefois suspendu depuis juillet 2026. Vérifiez sur le site officiel s’il a rouvert avant de compter dessus, et demandez au prestataire s’il est labellisé avant de signer.
Pensez aussi à en parler à votre comptable : un site est un investissement professionnel, et il a son mot à dire sur la façon de le comptabiliser.
Et chez moi ?
Je donne des fourchettes de prix, HTVA et TVAC, pour que vous puissiez vous situer : voir mes prix par type de site. Mais aucun site ne ressemble à un autre, et le vôtre aura son propre prix, selon ce qu’il vous faut vraiment.
Pour le connaître, le premier échange est gratuit : trente minutes pour comprendre votre projet, puis je vous envoie un prix fixe, par écrit. Demander mon prix.
Malheureusement, je ne travaille pas encore avec les chèques-entreprises. Si vous comptez sur cette aide, il faudra passer par un prestataire labellisé.

