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Site web fait par une IA ou par un développeur : quelles différences ?

En deux minutes, une IA vous sort un site complet. Alors pourquoi payer quelqu’un ? Voici ce qui se voit, ce qui ne se voit pas, et les cas où l’IA fait très bien l’affaire.

Par Jimmy Fromont7 min de lecture

Bureau en bois devant une fenêtre donnant sur des façades belges en briques : un ordinateur portable affiche la maquette d’un site, à côté d’un carnet de croquis et d’une tasse de café
Image générée par IA

Il y a deux ans, faire un site sans développeur voulait dire passer des soirées sur Wix à déplacer des blocs. Aujourd’hui, vous tapez « site pour une boulangerie à Thuin » dans un générateur, et deux minutes plus tard vous avez des pages, des photos, des textes. C’est impressionnant, je ne vais pas vous dire le contraire.

Alors forcément, la question arrive : pourquoi payer quelqu’un pour faire un site, si une IA le fait en deux minutes ?

Je suis développeur, donc je ne suis pas neutre. Mais j’utilise l’IA tous les jours, et je n’ai aucune envie de vous dire qu’elle est mauvaise. Elle est même très bonne, à condition de savoir ce qu’on lui confie et ce qu’on garde pour soi.

Ce que l’IA fait très bien

Elle est rapide : un site complet en quelques minutes, là où il fallait des jours. Elle coûte peu : un abonnement mensuel, pas de devis. Pour quelqu’un qui part de rien, elle donne un vrai point de départ, avec des pages, une structure, des idées de textes. C’est déjà un énorme progrès par rapport à « juste une page Facebook ».

Elle sert aussi à tester une idée avant d’investir. Vous voyez à quoi pourrait ressembler votre site, ce qui vous plaît, ce qui vous manque. Et si un jour vous passez par un développeur, ce brouillon fait un très bon point de départ pour en parler.

Un générateur de site par IA (ceux intégrés à Wix, Hostinger, Framer et compagnie) fait à peu près toujours la même chose :

  1. Il vous pose quelques questions : votre activité, votre ville, le style que vous aimez.
  2. Il choisit un modèle de mise en page dans sa bibliothèque.
  3. Il remplit ce modèle avec des textes générés et des photos de banque d’images.

Le résultat a l’air d’un site. Il a des titres, des boutons, une page contact. Mais l’apparence n’est qu’une petite partie d’un site, et c’est justement celle que l’IA réussit le mieux.

Là où l’IA seule cale

Elle fait la moyenne

Une IA produit ce qui ressemble le plus à ce qu’elle a déjà vu. Votre site de plombier ressemblera donc beaucoup à celui du plombier d’à côté, et ses textes aussi : « Nous mettons notre passion et notre savoir-faire au service de vos projets ». Tout le monde l’a déjà lu cent fois, et personne ne s’en souvient.

Vos clients, eux, vous choisissent pour vous : votre façon de parler, vos spécialités, votre quartier, vos horaires bizarres du mardi. Rien de tout ça ne sort d’une IA qui ne vous connaît pas.

Un développeur part de votre activité : ce que vos clients cherchent en arrivant, ce qui doit être visible en premier sur un GSM, ce qui vous différencie. Pour une société folklorique, ce sont les photos des sorties. Pour un architecte, les réalisations en grand. Pour un service d’impression, le délai du devis dès le premier écran.

Et Google, dans tout ça ? Google ne pénalise pas un texte parce qu’il a été écrit par une IA. Il pénalise les textes qui n’apportent rien. Et un texte écrit pour « une boulangerie » plutôt que pour votre boulangerie n’apporte pas grand-chose.

Elle se trompe avec la même assurance

L’IA vous livre son travail avec le même aplomb, qu’il soit juste ou faux. Un formulaire de contact qui s’affiche parfaitement… et qui n’envoie rien. Un site qui installe par défaut des outils de statistiques ou de publicité, donc des cookies, sans que vous le sachiez. Or si votre site dépose des cookies, vous devez demander l’accord de vos visiteurs avant. Sans ce bandeau, c’est vous qui êtes en défaut en cas de contrôle, pas la plateforme.

Ce genre d’erreur ne se voit pas à l’écran. Il faut aller regarder ce qu’il y a sous le capot.

Elle ne teste pas sur le terrain

Une IA ne prend pas votre site en main sur un GSM en 4G, à la sortie de l’école. Les sites faits avec les gros constructeurs embarquent beaucoup de code « au cas où » : des animations, des modules, des scripts de suivi. Résultat : ça rame, et les gens partent avant d’avoir lu votre nom. J’en parle plus en détail dans cet article sur les sites lents.

Même chose pour Google. Être trouvé ne dépend pas que des mots sur la page : il y a les titres et descriptions de chaque page, les données structurées qui disent à Google « ceci est un commerce, à telle adresse, ouvert à telles heures », le plan du site. Les générateurs en font une partie, rarement tout, et personne ne vérifie que c’est bien fait pour votre activité.

Personne ne répond du résultat

Un jour, quelque chose ne marchera plus : un formulaire qui n’envoie plus, une page qui s’affiche mal après une mise à jour. Avec un générateur, vous ouvrez un ticket au support, souvent en anglais, et vous attendez. Avec un développeur, vous appelez quelqu’un qui connaît votre site, puisque c’est lui qui l’a fait.

L’IA comme outil, pas comme pilote

Beaucoup de développeurs utilisent l’IA aujourd’hui, moi compris. Un peu comme un menuisier se sert d’une scie électrique : pour aller plus vite, pas pour décider à sa place.

Pour ma part, je m’en sers pour écrire du code plus vite (que je relis et teste ensuite), pour générer les images de ce blog (c’est indiqué sous chacune d’elles), pour relire mes textes et pour faire tourner des automatisations sur les tâches répétitives.

Ce qu’on ne devrait pas lui confier, ce sont les choix : ce qu’on montre en premier, ce qu’on enlève, pour qui on écrit. Et les textes de votre site devraient venir de vous. Un développeur qui fait bien son travail vous demandera vos mots (par un questionnaire, un échange) plutôt que de les faire inventer.

Les deux, côte à côte

Générateur par IA, seul Développeur qui utilise l’IA
Délai Quelques minutes, puis le temps de tout reprendre Quelques semaines
Prix de départ Un abonnement mensuel Un prix fixe au départ, puis l’hébergement
Design Basé sur un modèle Fait pour votre activité
Textes Génériques, à réécrire Vos mots, mis en forme
Vitesse Souvent moyenne sur GSM Testée sur GSM avant la mise en ligne
Référencement Les bases, en partie Vérifié page par page
Cookies Souvent posés par défaut Seulement ceux qui sont nécessaires
Le site vous appartient Pas vraiment : il vit chez la plateforme Oui, si c’est prévu au contrat
Quand ça casse Le support de la plateforme Quelqu’un qui connaît votre site

La ligne « le site vous appartient » mérite qu’on s’y arrête. Avec la plupart des plateformes, si vous arrêtez de payer l’abonnement, le site s’arrête, et vous ne pouvez pas l’emporter ailleurs. Avec un développeur, ce n’est pas automatique non plus : demandez que le nom de domaine soit à votre nom et que vous puissiez récupérer le contenu si vous changez de prestataire.

Tous les développeurs ne se valent pas, évidemment. Avant de signer, posez-leur trois questions simples : comment testez-vous la vitesse sur GSM ? Le nom de domaine sera-t-il à mon nom ? Vous utilisez l’IA pour quoi, et qui vérifie derrière ? Les réponses en disent long.

Quand l’IA seule suffit

Un générateur par IA peut très bien faire l’affaire si :

  • vous démarrez et vous voulez juste exister en ligne, le temps de voir si votre activité prend ;
  • votre budget est vraiment serré et vous avez du temps à y consacrer vous-même ;
  • vous avez besoin d’une page pour quelques semaines, par exemple pour un événement ;
  • vos clients ne vous cherchent pas sur Google : ils viennent par le bouche-à-oreille et veulent juste votre numéro.

Dans ces cas-là, gardez votre argent : un développeur ne vous apportera pas grand-chose de plus.

Par contre, si vos clients vous cherchent sur Google avant de vous appeler, si la concurrence est forte dans votre coin (coiffeurs, artisans, restaurants…), si vous voulez vendre en ligne avec Bancontact, des frais de livraison et des stocks qui suivent, ou simplement si vous en avez marre de passer vos soirées à bricoler votre site, un site fait pour votre activité se rentabilise assez vite. Faites le calcul avec ce que vous rapporte un client.

Et votre site, il en est où ?

Vous avez déjà un site, fait par une IA ou autrement, et vous vous demandez ce qu’il vaut ? Je peux le passer gratuitement à un premier test, sur sa page d’accueil.

Si vous partez de zéro, regardez plutôt du côté du site vitrine, et si l’actuel ne vous rapporte plus rien, de la refonte.

On en parle ?

M’écrire

Deux ou trois lignes suffisent : ce que vous faites, et ce que vous attendez d’un site.